Le développement psychologique de l'enfant de 0-12 ans

1.  L’ENFANT DE 0-3 ANS

1.1      Le développement moteur et intellectuel

 

 

Selon Piaget (théorie développementaliste), la croissance se poursuit de manière régulière.

Cette croissance est divisée en 4 niveaux ou périodes majeures eux-mêmes répartis en sous périodes appelées stades

 

 

  • Période sensori-motrice
  • Période pensée pré-opérationnelle
  • Période opérations concrètes
  • Période opérations formelles

 

Niveau 1 : La période sensori-motrice (de la naissance à 2 ans)

 

1er stade  (0-1 mois)

Réflexes innés.  Ex : d’instinct il suce, pleure, tousse, urine, défèque, gigote…

2e stade (1-4mois)

 

Acquisitions d’actions adaptatives résultant de son expérience. Il adapte ses actions en fonction de son environnement. On dit qu’il "accommode ses schèmes".

 
Exemple : il suce son pouce, non plus par hasard, mais par coordination entre la main et la bouche, donc par "accommodation acquise »

A ce stade, il aime à répéter inlassablement les mêmes actions (réactions circulaires primaires[1]). Ex : prendre et faire tomber un objet.

3e stade (4-8 mois)

Actions intentionnelles. L’enfant se perçoit distinct du monde extérieur. 
L’enfant répète un acte accompli au départ par hasard et qui lui a apporté une certaine satisfaction. Ce sont des réactions circulaires secondaires, c’est-à-dire avec prise de conscience de l’environnement extérieur. L’enfant vise à reproduire des faits qui viennent de se passer par hasard.

Exemple : il touche un hochet mobile, ce qui prouve qu’il est capable de dissocier sa main du hochet et d’autres objets; ce n’est plus par hasard qu’il le touche, mais volontairement.

4e stade (8-12 mois)

 

Vrais actes d’intelligence. Il y a prise de conscience de la présence de personnes et d’objets : c’est le concept de permanence de l’objet. 
Dès que l’objet a quitté le champ de vision de l’enfant, il le cherche. 
L’enfant comprend aussi la relation de cause à effet, il sait prévoir une situation et adapter ses actes. Son comportement est dit intentionnel. 
C’est le début de l’intelligence pratique qui signifie fixer des objectifs et utiliser les schèmes disponibles comme moyens pour les réaliser.

5e stade (12-18 mois)

 

Réactions circulaires tertiaires[2]. L’enfant recherche par une expérimentation en quoi l’objet ou l’événement est nouveau. Il va non seulement subir mais provoquer les résultats au lieu de se contenter de les reproduire une fois qu’ils se seront manifestés par hasard.

Avant ce 5e stade, les actes d’intelligence consistaient essentiellement en une application des schèmes existants à de nouvelles situations, c’est-à-dire l’assimilation à des schèmes déjà acquis de nouveaux événements desquels on ne retenait que les caractéristiques des objets et événements similaires aux schèmes préexistants. A présent, l’enfant accorde d’avantage d’attention à la manière dont les nouveaux objets et événements diffèrent de ses constructions mentales actuelles et il utilise le processus d’accommodation pour remodeler ses schèmes et en construire d’autres plus appropriés. En d’autres mots, l’enfant applique ses moyens connus aux situations nouvelles.

 

Exemple : l’enfant assis sur le plancher cherche à atteindre un objet hors de portée. Dans ses tentatives pour atteindre le jouet, il tire au hasard l’extrémité du tapis sur lequel le jouet est posé, un acte qui est, soit accidentel, soit un stratagème pour atteindre son but. Quand il se rend compte que ce geste a rapproché le jouet de lui, il tire à nouveau, intentionnellement cette fois, ce tapis, s’en servant comme d’un instrument pour parvenir à ses fins. 

1.2 L’acquisition du langage

Les enfants "comprennent" le langage verbal avant de pouvoir s’en servir eux-mêmes.

Avant que l’enfant ne prononce ses premiers mots réels, il émet une série de cris et de sons. C’est d’ailleurs en criant que l’enfant fait son entrée dans le monde.

Après le 1er mois, les cris se différencient en fonction de leurs causes. Les parents proches de leur enfant peuvent commencer à différencier les pleurs, cris : la faim, les coliques, le sommeil, l’angoisse... 

  • De 0 à 1 ans c’est le stade prélinguistique

Vers 6 semaines : l’enfant émet ce que l’on appelle des roucoulements (gargouillements, cris aigus,...) véritable expression orale de ses besoins et de ses émotions.

Vers 3-4 mois des gazouillis, babillages se font entendre, il "parle" (émissions vocales nombreuses). Il commence à avoir des sons préférés et il lui arrive de les répéter (la-la-la...ma-ma-ma...bi-bi-bi...) On appelle ce phénomène la "lallation".

Entre 9-10 mois, l’enfant semble imiter les sons produits par les autres même s’il ne les comprend pas. "L’écholalie" est donc une sorte de dialogue entre l’enfant et les parents.

  • A partir d’1 an c’est le stade linguistique.

L’enfant commence à faire des mots-phrase, il prononce un mot qui pour lui est l’équivalent d’une phrase.

Exemple : mia = donne-moi ça; da = fais ça à nouveau; ah = c’est beau...

  •    Au mot phrase, succède la préphrase (vers 18 mois) à savoir 2 ou plusieurs mots rangés selon l’importance affective que donne l’enfant (sorte de langage télégraphique).

Exemple : Apu bonbon (il n’y a plus de bonbon); Moi pa-ti (Je veux partir)...

A la période de la préphrase, l’enfant entre dans le premier âge questionneur où la question du type "c’est quoi ça ?" correspond à son besoin d’extension de son vocabulaire.

  •   L’accès au langage se poursuit à partir de 2 ans 1/2- 3 ans. Cette évolution s’observe notamment dans l’intérêt croissant que l’enfant porte à la parole de l’adulte, son goût pour les histoires qu’on lui raconte, la découverte du dialogue avec l’adulte, l’utilisation pertinente de questions "où ? quand ? comment ? pourquoi ?" exprimant son intense désir de connaître. Le pourquoi ? exprime à l’origine (vers 2 ans 1/2-3ans) une protestation à une contrainte (Exemple : mange ta soupe!-Pourquoi ?).

A 3 ans époque du deuxième âge questionneur (1er vers 18 mois), le pourquoi signifie "à quoi cela sert-il ?".

C’est donc entre deux et trois ans que l’enrichissement du vocabulaire est le plus important (en moyenne le nombre de mots passe de 100-200 à 2 ans à 1000-1200 mots à 3 ans).

L’enfant entend le langage parlé par les personnes de son entourage de manière globale. Il en résulte parfois de nombreuses déformations (date pour regarde/ yateau pour rateau/ apapé pour attrapé...).

Ces déformations disparaissent tout naturellement entre 4-7ans pour autant que les adultes ne se mettent pas à "parler bébé".


1.3 Le développement affectif

  •  A 1mois, le bébé réagit positivement au confort et à la satisfaction de ses besoins, négativement à l’inconfort et aux frustrations. Il fixe le visage humain. Petit à petit les pleurs se différencient et s’érigent en moyen de communication pour exprimer divers types d’inconfort.
  •  A 4 mois, il ne se limite plus à fixer le visage, mais il lui sourit. Il reconnaît sa mère, anticipe les événements. Il commence à être plus actif, commence à jouer. Son besoin de sociabilité augmente. Il aime qu’on s’occupe de lui.
  •    A 10 mois, sa discrimination sociale (il fait des différences entre les personnes) est plus grande et il commence à imiter.
  •  
A 1 an il aime avoir un public, mais il traverse une période de timidité vis-à-vis des étrangers.
  • A 15 mois, il affirme son indépendance par rapport à l’alimentation, mais il est encore maladroit. les contacts de personne à personne s’affinent.
  • A 18 mois, il aime participer à son habillement et déshabillement. Il vit dans l’ici et maintenant. le sens de la propriété apparaît. Il prend plaisir à participer aux tâches domestiques. C’est un âge plutôt turbulent.
  •  A 2 ans, il dit souvent, triomphant : "ça y est!". Tout aussi fréquente à cet âge là, l’expression "c’est à moi" qui révèle son incapacité à partager.
  • A 2 ans 1/2, incapable de choisir entre 2 alternatives.  

Il est indécis et commence donc à craindre les choses qui lui paraissent trop nouvelles.  Besoins de rites autour du bain, de la mise au lit.

Il commence à s’opposer et se montre très autoritaire. A cet âge paradoxal, il peut se montrer timide, agressif, reculer, avancer...Le sentiment du Moi et de ses besoins est très aigu.

1.3.1 La relation objectale (relation à l’objet) (selon Spitz)

L’enfant se différencie peu à peu de sa mère et la relation objectale s’établit vers la fin de la première année. Son développement comporte trois stades :

1) Stade non objectal :

Le nouveau-né ne différencie pas le moi du non-moi. Entre 2 et 3 mois, le nourrisson suit des yeux les mouvements d’un visage et fixe le visage de sa mère durant la tétée. La peau du bébé est en contact avec celle de la mère, il est sensible aux changements de position.

2) Le sourire du 3e mois (stade du précurseur de l’objet)

Entre 2 et 6 mois l’enfant sourit à n’importe quel visage mobile représenté de face, de façon qu’il puisse voir les deux yeux.

 L’enfant répond à une image, pas à une personne privilégiée.

L’apparition de la réponse par le sourire marque le début des relations sociales chez l’homme. Elle constitue le prototype et la base de toutes relations sociales ultérieures.

A 3 mois, l’enfant devient une entité psychologique distincte, il différencie le Je (ce qu’on sent à l’intérieur) et le non-Je (ce qu’on voit à l’extérieur).

2) L’angoisse du 8e mois (stade de l’objet libidinal)

Après 6 mois, l’enfant ne sourit plus à n’importe quel visage, tout inconnu l’effraie. Il distingue donc bien ses parents, puis les personnes amies, des personnes étrangères.

1.3.2 Le développement de l’attachement (selon Bowlby)

Bowlby étudie le lien qui unit l’enfant et la mère : il l’appelle l’attachement. 
Il s’agit pour lui d’un comportement instinctif présent chez l’individu par empreinte : "phénomène par lequel, dans les premiers moments de l’existence, le jeune animal fixe d’une manière irréversible l’aspect du premier objet en mouvement qu’il rencontre (en général un des parents ou un congénère) et qu’il suivra désormais" (Thines et L'empereur)

L’attachement consiste en une interaction - une communication- qui vise à rapprocher la mère et l’enfant.

Elle comporte :

- des signaux pour attirer et retenir l’attention de la mère : crier, appeler, sourire, bailler, tendre les bras...

- des comportements d’approche : chercher, suivre, se cramponner, sucer.

Les 4 phases du développement de l’attachement

1. Les signaux existent mais ne s’adressent pas à une personne en particulier (12 semaines)

2. Les signaux sont dirigés vers une (ou plusieurs) figures discriminées (6 mois)

3. L’enfant reste à proximité d’une figure discriminée par la locomotion comme par les signaux (6-7 mois à 2-3 ans). L’enfant explore son environnement à partir de sa mère et pour se rassurer retourne fréquemment vers elle.

A 8 mois, il a peur des étrangers, mais à 2-3 ans il peut s’attacher à une figure secondaire, s’il s’agit de quelqu'un de familier qu’il a connu, s’il n’est pas malade et s’il est sûr de revoir sa mère et s’il sait où elle est.

4.  Formation d’une relation objective où la mère devient un objet indépendant, permanent dans le temps et dans l’espace.

1.3.3 : les différents stades (selon Freud)

 

Les stades de l’évolution psycho-sexuelle de l’enfant sont :

  •  Stade oral (0-1 an)
  • Stade anal (1-3 ans)
  • Stade phallique (3-6 ans)
  • Période de latence (6-12 ans)
  • Stade génital ( à partir de la puberté)

 

Pour les enfants de 0-3 ans c’est donc les stade oral et anal.

Le stade oral c’est lorsque la zone érogène, c’est-à-dire liée à la sensation de plaisir, est la bouche.

 

Le stade anal c’est lorsque l’enfant a atteint le contrôle de ses sphincters. Freud pense alors que l’enfant retire un plaisir à retenir ses matières fécales (désir de maîtrise et de puissance).

1.4 le développement social 

 

A partir de 6 mois, chaque bébé fait connaissance avec ses voisins immédiats : placés ensemble sur un tapis ou un parc, les enfants se recherchent, ils s’étreignent, s’accrochent, sans paraître d’abord s’en rendre compte.

Vers 8-9 mois, la découverte de l’autre se développe avec la locomotion : les enfants commencent à s’observer, se toucher, se sourire, s’imiter, se tendre des objets, se livrer à toutes sortes de manoeuvres d’approche. Les jeux à 2 à cet âge consistent en manifestations affectueuses ou agressives : se caresser, s’embrasser, se mordre, se tirer les cheveux..

Vers 9 mois, apparaît la jalousie : l’enfant crie, pleure quand une grande personne s’occupe d’un autre enfant. Les premiers conflits au sujet d’objets naissent aussi bientôt.

A 18 mois, l’enfant ne pleure plus avec l’autre, mais essaie de le consoler : il éprouve de la compassion, le désir d’aider et de soulager. La sympathie devient possible, l’enfant faisant la différence entre soi et autrui.

Mère et Père influencent le profil de comportement de l’enfant et les premières années de la vie se révèlent capitales pour son élaboration. Le développement social, comme le développement affectif, se constitue donc en grande partie entre 0-3 ans et à partir de la relation aux parents.

 

 

2.  L’ENFANT DE 3-6 ANS

 

2.1 Le développement moteur et intellectuel

Il est certain que l’enfant n’a pas encore la maîtrise motrice de l’adulte, mais il a déjà acquis la tonicité musculaire, des automatismes, la locomotion et la préhension, l’aptitude à imiter et à créer des mouvements.

L’enfant à cet âge oriente spontanément toutes ses activités vers le jeu.

Il jette par exemple les blocs dans toute les directions plutôt que les utiliser pour construire une tour.

Quand il joue dans le sable il ne construit pas un château, mais il touche, il lance le sable, il exerce ses fonctions sensori-motrice et en retire une certaine satisfaction. Ces jeux sont fonctionnels (3-4 mois à 3-4 ans).

Quand l’enfant joue au facteur, à l’épicier,....il imite des actes en effectuant des mouvements ayant une signification sociale. Ce sont les jeux de fiction (2-5 ans).

Si l’enfant écoute une histoire qu’on lui raconte, s’il regarde des images dans un livre ou à la télévision, il s’agit alors de jeux de réception (2-5 ans).

Dans les jeux de construction (3-7 ans), l’enfant éprouve le maximum de plaisir dans ce qu’il construit plutôt que dans ce qu’il fait présentement. Quelle joie en effet que celle de l’enfant qui a terminé son puzzle, accompli son dessin...

Remarque : à 3 ans, les enfants interrompent fréquemment leurs jeux pour diverses raisons : parler, changer d’activité... Cette instabilité disparaît pratiquement à l’âge de 6 ans, époque où l’action est essentiellement stimulée par le but à atteindre.


2.1.1 quelques caractéristiques du développement moteur entre 3-6 ans

Automatisation progressive des mouvements : Pour la marche, ajustements constants des mouvements, de leur vitesse, de leur rythme. Les gestes alors peuvent remplir une fonction de réalisation : gestes utilitaires, mais aussi spécialisés tels que l’écriture...

L’enfant a horreur de l’immobilité imposée.

Exemple : la station assise à table (à la maison, à l’école...).

Il a besoin de mouvement, il éprouve du plaisir à se dépenser physiquement, à agir et vivre. 
Néanmoins, il devient de plus en plus persévérant, il commence à expérimenter la continuité, d’où les situations où il peut protester si un adulte l’interrompt dans son activité sous prétexte d’aller à table ou d’aller se laver.

Les mouvements deviennent de plus en plus coordonnés (imitation, manipulation, préhension...). Les psychologues ont d’ailleurs appelé cette période "age de la grâce" en raison de l’aisance, de la liberté des mouvements et de l’harmonie de certains d’eux.

C’est aussi la période de la latéralisation (dominance latérale) ou un côté du corps est plus habile et utilisé de préférence à l’autre. (gaucher ou droitier)

2.1.2 le développement de la perception (syncrétisme perceptif)

Beaucoup d’enfants de 4 ans (bien avant l’âge de la lecture) sont capables de reconnaître des livres qu’ils apprécient, même les pages où sont indiquées leurs histoires préférées. Un auteur, Clarapède, a appelé cela syncrétisme : première vue générale compréhensive, mais malheureusement obscure et incorrecte où tout est entassé sans distinction.

 

a) Le globalisme (l’enfant centre sa perception sur le tout) 
On présente à l’enfant des dessins constitués de 2 ou plusieurs objets dont les lignes sont enchevêtrées et on leur demande de contourner à l’aide de couleurs différentes les différents objets qu’ils voient. Les réussites varient avec l’âge. 
On peut aussi leur présenter des dessins d’animaux composites (composés de parties d’animaux différents) et leur demander de dénommer le croquis.

b) La juxtaposition (l’enfant est attentif aux parties) 
Les enfants de 4 à 6-7 ans dessinent des détails, mais simplement juxtaposés, sans forcément de liens. Ex : une maison (la maison ne tient pas debout, mais l’enfant y a représenté toutes les tuiles, les volets, les rideaux...).

2.1.3 Le développement intellectuel

C’est la période pré-opératoire 

Apparition de la représentation symbolique qui consiste à élaborer "en pensée" des images à partir des objets ou des mouvements du monde réel. Elle s’achève par la pensée intuitive qui se caractérise par la concentration de l’enfant sur l’apparence des choses et par l’absence de raisonnement logique. Exemple : un enfant, qui à cette époque, entend pour la première fois le bruit du tonnerre peut penser que quelqu'un a fermé bruyamment une porte dans la chambre voisine. Il assimile alors cette nouvelle expérience et réajuste ses idées sur les bruits et leur origine

  • La représentation symbolique : l’enfant peut penser à la voix de sa mère, par ex, sans l’avoir entendue ou il s’imagine sa tétine sans voir le biberon. Le petit garçon de 3 ans qui a vu son père se raser le matin peut reproduire le geste l’après-midi dans un jeu à l’école. la pensée de l’enfant dépasse l’ici et maintenant, elle peut évoquer un objet absent.

 

  • La pensée intuitive : (selon Piaget) : on présente à l’enfant une boule de plasticine et on lui demande d’en faire une autre de même grandeur. On laisse sur la table la boule confectionnée par l’enfant à titre de témoin. On transforme, sous les yeux de l’enfant, la boule en galette, puis en boudin. Quand on lui demande s’il y a encore dans les boules transformées "la même chose" (la même quantité) l’enfant répond qu’il y a moins dans la galette car elle est plus fine que la boule et plus dans le boudin car il est plus long. L’enfant est plus centré sur l’apparence des choses (intuition) et n’a pas de raisonnement logique.

Autre exemple : avec les jetons (2 rangées de 8 jetons mais si la deuxième rangée est plus espacée l’enfant dira qu’il y en a plus).

 

2.2 Le développement du langage

Jusqu’à l’âge de 12-13 ans (au moins) l’enfant continue à développer son langage par un processus long et graduel qui occupe une partie importante de ses activités

L’enfant doit progressivement s’approprier les données linguistiques de l’entourage familial et scolaire : il doit abandonner les formulations simplistes pour accéder aux énoncés plus élaborés et mieux articulés.

Les corrections, approbations, désapprobations, commentaires des parents sont adaptés aux possibilités de l’enfant (selon l’âge). Les parents ont donc un rôle important dans la construction du langage chez leur enfant. On pense à la prononciation, mais aussi à la reconnaissance correcte des syllabes et l’assimilation des règles grammaticales...

2.3 Le développement affectif

2.3.1 Le stade phallique

La zone érogène du stade phallique est la zone génitale dont les premières excitations et satisfactions sont en rapport avec la miction (le fait d’uriner).

L’enfant entre 3-6 ans a des comportements typiques : exhibitionnisme, voyeurisme...Il s’intéresse à l’origine des enfants et élabore ses théories par rapport à la conception.

2.3.2 Le complexe d’Oedipe 

Remarque : la fille change d’objet libidinal (investissement affectif) (d’abord la mère puis le père). Le garçon transforme sa relation à l’objet initial. 
Le complexe d’Oedipe simplifié : la fille est amoureuse de son papa, le garçon de sa mère.

La résolution du complexe d’Oedipe réside dans la renonciation des désirs libidinaux et hostiles ("on ne veut plus tuer l’autre parent pour épouser l’autre") et dans l’identification au parent de même sexe : la petite fille devient comme sa mère et le petit garçon comme son père. Sorte d’intériorisation des images parentales. 

2.3.3 La relation fraternelle

La situation de rivalité fraternelle constitue le complexe de Caïn. La manière dont un enfant résout ce conflit avec ses frères et soeurs tend à se répéter dans ses relations avec ses camarades d’école ou de jeu et plus tard dans ses rapports sociaux.

La naissance d’un frère ou d’une soeur constitue pour l’enfant une expérience de frustration de la mère : dans le complexe de Caïn comme dans celui d’Oedipe, l’enfant désire posséder seul sa mère.

La réaction de l’enfant dépend de :

  • L’attitude de la mère (une mère captative accentue la rivalité fraternelle)
  • Sa position dans la fratrie : l’aîné se sent détrôné, l’enfant du milieu ballotté, et le cadet déshérité.
  •  Son âge : le sevrage et l’oedipe sont deux moments délicats 
- la différence d’âge : la plus critique se situe de 18 à 36 mois

L’enfant réagit à la frustration de différente manière :

  • Agression sur le bébé et anxiété
  • Régression (énurésie, anorexie)
  • Formation réactionnelle (enfant trop sage tout d’un coup n’exprimant aucune agressivité)
  • Arrêt du développement ....

L’affectivité imprègne toute la personnalité de l’enfant de 3-6 ans. Sur le plan intellectuel, la représentation qu’il se fait du monde le prouve clairement. A cet âge l’enfant exprime surtout sa vie affective au travers de sa motricité (c’est pourquoi en thérapie on utilise surtout le dessin (un bonhomme) et le jeu (avec des personnages représentant les membres de la famille) 

2.4 Le développement social

Présocialisation : Tendance à aller vers l’autre se développe de 2-3 ans à 7-8 ans. L’enfant désire être avec les autres. Jusqu’à 4 ans les échanges restent très limités et les rares actions communes sont commandées par le matériel. Il y a plus souvent juxtaposition de sujets indépendants les uns des autres (les enfants jouent à la même chose, mais chacun pour soi). A partir de 4 ans, les interactions se multiplient. Les enfants commencent à agir ensemble et à poursuivre des fins constructives. Séquence de collaboration plus fréquente et plus durable.

 

Développement du jugement moral : (selon Piaget) Dans ses jugements d’une maladresse ou d’un vol, l’enfant tient compte du résultat matériel (celui qui a plus cassé est plus coupable). Le réalisme moral de l’enfant de moins de 6 ans est aussi la conséquence de la contrainte de l’adulte et du respect unilatéral (avec ses pairs, camarades, frères...) Il croit à une justice immanente. La sanction juste est la sanction expiatoire. Elle est même nécessaire et d’autant plus efficace qu’elle est sévère. La nécessité de la sanction conduit l’enfant à une attitude de responsabilité.

 

3.  L’ENFANT DE 6-12 ANS

3.1 Le développement moteur et intellectuel

3.1.1 Le développement moteur

 

Les progrès moteurs de l’enfant de 6-12 ans se manifestent de plusieurs façons complémentaires :

  •  La coordination des mouvements augmente (maîtrise des mouvements de l’écriture, manipulation de certains outils, exécution de certains mouvements gymniques, pratiques de la danse...)
  • La force s’accroît pendant cette phase de façon considérable (le goût pour les jeux violents en est la preuve)
  • La rapidité, la précision, l’endurance se développent d’une manière très marquée (jusqu’à 13-15 ans) et se manifestent dans les jeux de compétition.

La période de 6-12 ans est l’âge scolaire. La vie en groupe y prend une importance croissante. Les possibilités motrices permettent aux enfants (garçons notamment) de se mettre en valeur, de se mesurer à des "rivaux".

3.1.2 le développement intellectuel

Passage de l’intuition à l’opération. Si on présente deux boules identiques de plasticine et qu’on en écrase une, l’enfant de 5-6 ans nie que la quantité de pâte reste la même; au contraire vers 7-8 ans, il affirme que la quantité est conservée. 
La pensée se détache de la perception momentanée, corrige l’intuition perceptive et établit des relations objectives qui permettent l’apparition des notions de conservation et d’invariance.

Apparition du symbolisme et de la conceptualisation (plus passer systématiquement par le concret).

3.2 Le développement affectif

 

A 6 ans l’enfant se montre hésitant, indécis (incapable de choisir), passe d’une extrême à l’autre (colère-gentillesse par ex). Il est impulsif et inconstant, il est le centre de l’univers

A 7 ans équilibre entre ses dispositions internes et les exigences de son milieu, âge de l’assimilation. il est plus introverti, plus rêveur et auto-critique.

A 8 ans, c’est l’âge de socialisation, l’enfant est plus extraverti. Il a le sens de lui-même et de ses droits, il est vivant voire euphorique parfois. il est assoiffé de connaissance. il commence à faire des ségrégations fille-garçon...

A 9 ans, il est réaliste et a du bon sens. Il désire améliorer ses capacités, il est moins superficiel qu’avant et préfère converser avec ses pairs (de même sexe), il préfère élaborer des projets, plutôt que jouer ; A 9-10 ans il s’identifie au groupe de son âge et commence à se détacher de sa famille

A 10 ans l’enfant se trouve un idéal, manifeste un culte pour une personne (star...), il a le sens de la solidarité. il partage des secrets avec ses amis auxquels il accorde beaucoup d’importance. Il est conscient de sa personne, ses vêtements, son look...

A 11 ans Il est plus concentré, plein d’ardeur et d’enthousiasme. il est rempli d’émotions. il interpelle plutôt que répondre, bref situation parfois difficile avec les parents. Il y a de l’exagération dans les récriminations, discussions, injures, cris, réponses et grossièretés spectaculaire qui marquent l’éveil de l’adolescence (ces changements rappellent ceux observés à 6 ans). " l’enfant aidera quand ça lui plaira, il fera tout ce qu’il voudra sauf la vaisselle, il ne veut pas qu’on crie après lui, il ne veut pas qu’on le dise à son père, il veut qu’on cesse de le critiquer ..."

Le développement affectif est caractérisé par la période de latence et la phase génitale (Freud) :

La période de latence : diminution des activités sexuelles : l’enfant emploie ses pulsions sexuelles ) des buts nouveaux, la curiosité sexuelle devient une pulsion de recherche et de savoir.

La phase génitale : la pulsion sexuelle qui jusque là avait été égocentrique, s’attache à un objet sexuel (un pair), la zone génitale prime sur les autres zones érogènes. Liée à la puberté et la maturation sexuelle de l’adolescence.

3.3 Le développement social

 Socialité :

L’enfant présente à partir de 6 ans des comportements socialisés : respect des autres, conscience de leur qualités, collaboration, préoccupation d’autrui...

Vers 8 ans, l’enfant passe de l’égocentrisme ) l’aptitude à se mettre à la place de l’autre dont il commence à saisir les intentions.

A 10 ans, la coopération et l’autonomie existent, l’enfant dénonce la tricherie, le "soufflage", le mensonge, il a le sens de la justice.

 Age du groupe social (âge de la bande) :

L’enfant mène entre 10 et 12-13 ans une vie sociale intense. C’est l’âge où chacun donne au groupe tout ce que le groupe attend de lui. Les groupes se forment avec des règles à respecter par tous et possibilité d’exclusion si pas respectées.

 



[1] Réactions circulaires primaires = actes répétitifs

Réactions circulaires secondaires = répétitions intentionnelles d’actes gratifiants

[2] Réactions circulaires tertiaires = répétition de faits originaux sous une forme modifiée

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